La biréfringence est égale à la valeur numérique de l'écart maximal entre l'indice de réfraction le plus petit et celui le plus grand dans une matière gemme anisotrope. Elle se mesure à l'aide d'un réfractomètre de gemmologie.
Les valeurs d'écart données dans la base vont légèrement au-delà de l'extrême minimal et de l'extrême maximal afin de tenir compte des éventuelles erreurs de lecture au réfractomètre.
Sur le principe d'Archimède, la densité est le rapport entre le poids d'une matière gemme et le poids de son même volume d'eau. Il s'exprime sans unité de mesure. Dans l'idéal, la densité se mesure à l'aide d'une balance hydrostatique digitale précise au 1/100ème de carat.
L'échelle de dureté ou l'échelle de Mohs indique la résistance à la rayure pour dix minéraux de référence. Le minéral numéro 1 est le plus tendre et le minéral numéro 10 est le plus dur. Entre ces extrémités, le minéral raye celui du numéro immédiatement inférieur mais sera rayé par celui du numéro immédiatement supérieur. Deux minéraux de même dureté se rayeront l'un l'autre mais difficilement. Les demi-échelons sont également utilisés.
   1 : Talc - friable sous l'ongle
   2 : Gypse - se raye avec l'ongle
   3 : Calcite - se raye avec une pièce en cuivre
   4 : Fluorite - se raye facilement avec une lame de canif
   5 : Apatite - se raye plus difficilement avec une lame
   6 : Orthose - raye difficilement une vitre en verre
   7 : Quartz - raye facilement une vitre en verre
   8 : Topaze - raye très facilement une vitre en verre
   9 : Corindon - coupe le verre
   10 : Diamant - coupe plus facilement le verre
Lorsqu'un rayon de lumière traverse l'air et pénètre dans une substance liquide ou solide, d'une part il est ralenti et d'autre part sa direction est déviée ou réfractée. Pour simplifier, l'indice de réfraction (IR) prend en compte l'angle de déviation limite de la lumière entre l'air et le solide. Il se mesure à l'aide d'un réfractomètre de gemmologie (jusqu'à 1,79).
Les IR donnés dans la base vont légèrement au-delà de l'extrême minimal et de l'extrême maximal afin de tenir compte des éventuelles erreurs de lecture au réfractomètre.
   : fréquent à peu commun
   : peu commun à rare
   : rare à très rare
   : très rare à rarissime
A noter :
- La beauté prime. L'indice de rareté proposé ici concerne la belle qualité gemme ou ornementale.
- La rareté est distincte de la valeur. L'offre et la demande font le prix alors que l'état des ressources disponibles fait la rareté. Une pierre peut être chère mais pas forcément rare alors qu'une pierre très rare ne sera pas forcément plus chère.
- La notion de rareté est relative. Pour une même pierre, il peut exister plusieurs variétés dont le degré de rareté sera différent selon la transparence, la couleur ou la provenance.
- Le critère de rareté évolue dans le temps. Une pierre peut être très rare jusqu'au jour où un nouveau gisement très productif est exploité, la rendant ainsi moins rare, ou inversement lorsque plus aucun gisement n'est découvert.
- Les gemmes artificielles/synthétiques ne sont pas rares, même si leur coût de fabrication est très élevé puisqu'il est possible de les reproduire à l'infini.
Cet indice reflète l'opinion de l'auteur et n'engage que lui.
Degré de rareté,
BRUT

: fréquent à peu commun
: peu commun à rare
: rare à très rare
: très rare à rarissime
Sur la rareté du brut :
- La beauté prime. L'indice de rareté proposé ici concerne la belle qualité gemme ou ornementale.
- La rareté est distincte de la valeur. L'offre et la demande font le prix alors que l'état des ressources disponibles fait la rareté. Une pierre peut être chère mais pas forcément rare alors qu'une pierre très rare ne sera pas forcément plus chère.
- La notion de rareté est relative. Pour une même pierre, il peut exister plusieurs variétés dont le degré de rareté sera différent selon la transparence, la couleur ou la provenance.
- Le critère de rareté évolue dans le temps. Une pierre peut être très rare jusqu'au jour où un nouveau gisement très productif est exploité, la rendant ainsi moins rare, ou inversement lorsque plus aucun gisement n'est découvert.
- Les gemmes artificielles/synthétiques ne sont pas rares, même si leur coût de fabrication est très élevé puisqu'il est possible de les reproduire à l'infini.
Degré de rareté,
TAILLÉ

: très fréquemment taillé
: usuellement taillé
: rarement taillé
: très rarement taillé
Sur la rareté de la taille :
- La taille sans facettes est appliquée aux cabochons, perles, camées, intailles et sculptures. Elle concerne le plus souvent les pierres ornementales opaques ou translucides. Il peut y avoir des exceptions pour les besoins de la joaillerie ou des arts décoratifs.
- La taille à facettes, réalisée par un lapidaire, est destinée à renforcer la brillance, l'éclat et le feu des gemmes transparentes.
- Un degré de rareté supérieur à celui de la disponibilité du brut indique une difficulté physique évidente à tailler telle que la petitesse des cristaux, une faible dureté ou une fragilité excessive.
Ces indices reflètent l'opinion de l'auteur et n'engagent que lui.
Chaque carré couvre l'une et/ou l'autre des couleurs suivantes :
    blanc  blanc pur, crème, cassé, ivoire
    bleu  bleu pâle à bleu nuit, bleu-vert, bleu-violacé
    brun beige marron  brun, du beige clair au marron foncé
    gris  gris très clair à foncé, argenté
    incolore  incolore, sans aucune couleur
    jaune  jaune pâle à bouton d'or, jaune-vert, doré
    multicolore bicolore  multicolore, 2 couleurs distinctes minimum
    noir  noir et gris très très foncé (anthracite)
    orange  orange, aux limites du jaune, rouge ou brun
    rose  rose pâle, bonbon, fuschia, magenta
    rouge  rouge, aux limites du orange, brun ou violet
    vert  vert pâle à sombre, vert-bleu, vert-doré
    violet mauve  violet clair à foncé, mauve, pourpre
La transparence est aussi appelée diaphanéité.
Trois possibilités pour une matière gemme :
 transparent = transparent : la lumière passe à travers sans distorsion
 translucide = translucide : la lumière passe à travers de manière floue
 opaque = opaque : la lumière ne passe pas à travers du tout
Le moteur reconnaît les matières gemmes d'après :
- les familles : quartz, zéolite, synthèse, verre...
- les noms usuels : citrine, péridot, émeraude...
- les variétés : rubellite, indicolite, verdelite...
- les synonymes : idocrase, barytine, dichroïte...
- les noms commerciaux : tashmarine®, zultanite®...
- les noms locaux : morrisonite, bolivianite, dallasite...
- les noms familiers : séraphinite, oeuf de tonnerre...
- les noms obsolètes ou peu usités : pycnite, trystine...
- les métaux natifs : or, argent, cuivre, platine...
- les noms anglais : chalcedony, garnet, topaz, ruby...
- les noms allemands : aquamarin, achat, smaragd...
- les noms de fabrication : Verneuil, Gilson, Chatham...
- les fautes : flourite, agirine, amétyste, damburite...
- l'absence d'accents : calcedoine, peridot, benitoite...
Astuce rapide : tapez juste les trois premières lettres...
Le moteur ne reconnaît pas :
- tout ce qui n'est pas une matière gemme, donc de nombreuses roches et minéraux.
- quelques noms relatifs aux matières gemmes n'ayant pas encore de fiche complète.
- Par défaut, cette liste est triée dans l'ordre alphabétique de A à Z. Vous pouvez inverser l'ordre en cliquant sur le triangle bleu. Vous pouvez trier toutes les colonnes de la même manière, du plus grand au plus petit et inversement. Le tri s'effectue sur la liste complète ou sur la sélection issue d'une recherche.
- Les noms sur fond vert indiquent des matières gemmes organiques
- Les noms sur fond rose indiquent des matières gemmes artificielles
- Les noms en bleu mènent à une fiche complète.
- Les matières amorphes ou cubiques sont monoréfringentes. La lumière ne se dédouble pas lorsqu'elle les traverse. Ces matières sont dites optiquement isotrope (ISO).
- Les matières cristallines de système trigonal, hexagonal ou quadratique sont biréfringentes. Elles possèdent un axe optique dont la lumière transmise perpendiculairement se divise en deux rayons polarisés distincts. Ces matières sont dites optiquement anisotrope uniaxe, dont la biréfringence peut être de signe optique positif ou négatif (U+ ou U-).
- Les matières cristallines de système orthorhombique, monoclinique ou triclinique sont également biréfringentes. Elles possèdent deux axes optiques dont la lumière transmise se divise en trois directions de vibration. Ces matières sont dites optiquement anisotrope biaxe, dont la biréfringence peut être de signe optique positif ou négatif (B+ ou B-).
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     521 gemmes dont 80 fiches pratiques comprenant 2259 photos

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Procédés de fabrication des gemmes synthétiques


cristal Haüy redessinéUn cristal est un solide constitué d'une structure atomique ordonnée et répétitive dans les trois dimensions. Le fondement de cette définition remonte à 1784 lorsque le minéralogiste français René Just Haüy publie son "Essai d'une théorie sur la structure des crystaux" (à gauche, schéma d'origine aux arêtes redessinées). De là est née la cristallographie ou l'étude des solides cristallins à l'échelle atomique.

La fabrication de cristaux en laboratoire permet aujourd'hui d'obtenir une matière monocristalline quasi parfaite dont les propriétés physiques et optiques sont très recherchées en milieu industriel. Les secteurs de la bijouterie-joaillerie et de l'horlogerie en bénéficient aussi de manière conséquente.

En gemmologie, une gemme est dite artificielle lorsqu'elle est fabriquée par la main de l'homme, sans aucune contrepartie dans la nature. Elle est dite synthétique lorsqu'en comparaison de sa contrepartie naturelle, elle est (1) de même composition chimique, (2) de même structure atomique, donc de même système cristallin, (3) de même micro-structure causant les mêmes effets optiques et (4) de même apparence visuelle. (Nassau, 1976)

Savoir distinguer une gemme naturelle d'une imitation ou d'une synthèse est une nécessité pour le gemmologue. Certains signes distinctifs peuvent rendre la tâche facile mais parfois, notamment en l'absence d'inclusions, seul un laboratoire gemmologique équipé d'instruments avancés sera capable de prouver l'origine naturelle ou non d'une gemme.

Voici un tour d'horizon des différentes méthodes de fabrication les plus utilisées dans le monde...

    Tout cacher         Tout montrer    

- Croissance par fusion à la flamme, procédé Verneuil
- Croissance par tirage vertical, procédé Czochralski
- Croissance verticale, procédé Bridgman-Stockbarger
- Croissance horizontale en zone flottante
- Croissance en auto-creuset ou creuset froid
- Croissance par dissolution anhydre (fondant / flux)
- Croissance par dissolution hydrothermale
- Croissance par procédé HPHT
- Croissance par procédé CVD
- Autres procédés de fabrication
- Références & contributions


    Croissance par fusion à la flamme, procédé Verneuil
 
fabrication pierre synthetique par procédé VerneuilDate de découverte :
l'invention fut déposée sous scellé en 1891 mais fut officiellement dévoilée en 1902 par le chimiste français Auguste Victor Louis Verneuil (1856-1913)

Procédé :
la synthèse est obtenue par la fonte de l'alumine au moyen d'un chalumeau oxhydrique capable de générer une flamme de très haute température, jusqu'à plus de 2500°C. Le cristal se forme goutte à goutte, par superposition de très fines couches de matière fondue. Au final, il ressemble à un stalagmite et porte le nom de boule, de carotte ou de bouteille.
Le dopage ou l'adjonction d'oxydes métalliques lors de la fabrication permet de donner la couleur : le chrome pour le rouge, le cobalt ou le fer et le titane pour le bleu, le nickel pour le vert, le fer pour le jaune ou le bleu clair, le manganèse pour le rose-orangé, ou le vanadium et le chrome pour le changement de couleur vert/rose. Un additif de 0,1 à 0,3% de dioxyde de titane à l'alumine permet d'obtenir un Corindon étoilé.
Le processus complet de fabrication, sous une température minutieusement contrôlée, dure de quelques heures à quelques jours. Un recuit à haute température est parfois appliqué dans le but de supprimer les tensions internes.

Gemmes fabriquées :
- Synthétiques : Corindon (Rubis, Saphir incolore et toutes couleurs, étoilé), Spinelle, Rutile, Scheelite
- Artificielles : Titanate de strontium

Inclusions distinctives lorsque présentes :
zones courbes de croissance, nuages de bulles de gaz épousant parfois la courbe de croissance, bulles de gaz en chapelets ou déformées dans le Spinelle ou allongées dans le Corindon, voiles multiples suite à un recuit à haute température dans le Corindon, exsolution d'aiguilles de rutile dans le Corindon étoilé Linde, lignes de Plato dans le Corindon, cristaux négatifs remplis de gaz dans le Spinelle, aspect cotonneux au polariscope à filtres croisés dans le Spinelle

Fabricants passés et présents :
- Suisse : Djevahirdjian ou Djeva
- Russie : Institut de Cristallographie de l'Académie des Sciences, Atlas / Russian Research & Production Co., Miracrys, RusGems, etc.
- États-Unis : S & R Rubicon Sapphire, Linde Air Products Co. (procédé Linde pour la fabrication du Corindon étoilé), Union Carbide, National Lead Co., ICT, Commercial Crystal Labs, etc.
- France : Baikowski, Saint-Gobain Crystals & Detectors, etc.
- Chine : Henan Union Abrasives Corp., Zaozhuang Ruizhong Gem Crystal Material Co., Wuzhou Jiang Yuan Gems, etc.

Applications :
- bijouterie-joaillerie : pavage, entourage, pierres de centre
- horlogerie : pivots des axes de rouage
- micromécanique : micropaliers, billes, lames, guides, pivots, gicleurs, pistons, etc.
- électronique : isolants électriques et diélectriques, etc.
- médecine : composants pour micropompes, soupapes, lentilles, fenêtres de protection, scalpels, etc.
- optique : lentilles, prismes, polariseurs de lumière, etc.

Références : Verneuil, 1904 & 1911 ; Burdick & Glenn, 1949 ; Eversole & Drost, 1952 & 1954 ; Merker, 1954 ; Nassau, 1980 ; Gübelin & Koivula, 2004 ; Harris, 2004


rubis de synthèse verneuil
saphir violet de synthèse verneuil
saphir rose-orangé de synthèse verneuil
spinelle de synthèse verneuil
spinelle synthetique verneuil

boule ou bouteille de
Rubis synth. Verneuil
coupée longitudinalement
Coll. & photo
© Geminterest.com

boule ou bouteille de
Saphir violet Verneuil
coupée longitudinalement
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

boule ou bouteille de
Saphir orangé Verneuil
coupée longitudinalement
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

boule ou bouteille de
Spinelle synth. Verneuil
dopé à l'oxyde de fer
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

boule ou bouteille de
Spinelle synth. Verneuil
dopé à l'oxyde de cobalt
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu


rubis synthetique fabriqué par fusion à la flamme
rubis étoilé de synthèse Verneuil procédé Linde
saphir de synthèse méthode verneuil fusion à la flamme
saphir rose de synthese procédé verneuil fusion à la flamme
saphir incolore leucosaphir de synthese verneuil fusion à la flamme

Rubis synthétique
Verneuil 12 x 10 mm
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Rubis synthétique étoilé
Verneuil 14 x 11 mm
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Saphir synthétique
Verneuil 12 x 10 mm
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Saphir rose synthétique
Verneuil 12 x 10 mm
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Leucosaphir synthétique
Verneuil 12 x 10 mm
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu


spinelle synthèse bleu clair procédé verneuil
spinelle de synthèse vert foret méthode verneuil
spinelle synthetique vert lagon procédé verneuil
spinelle de synthse bleu cobalt procédé verneuil
rutile de synthese méthode verneuil

Spinelle synthétique
Verneuil 12 x 10 mm
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Spinelle synthétique
Verneuil 12 x 10 mm
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Spinelle synthétique
Verneuil 12 x 10 mm
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Spinelle synthétique
Verneuil 12 x 10 mm
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Rutile synthétique
Verneuil 1,36 carat
Coll. F. Hargous
Photo © Gemmo.eu


courbes de croissance rubis de synthèse verneuil
courbes de croissance dans le saphir de synthèse verneuil
courbes de croissance et bulles dans le saphir de synthese verneuil
bulles déformées et téléscopées dans le spinelle de synthèse verneuil
bulles téléscopées dans le spinelle de synthèse verneuil

Courbes de croissance
dans le Rubis
synthétique Verneuil
Illustration
© E. Kockler-Thomas

Courbes de croissance
dans le Saphir
violet Verneuil
Illustration
© E. Kockler-Thomas

Courbes de croissance
et bulles dans le
Saphir Verneuil
Illustration
© E. Kockler-Thomas

Bulles déformées
dans le Spinelle
synthétique Verneuil
Illustration
© E. Kockler-Thomas

Bulles téléscopées
dans le Spinelle
synthétique Verneuil
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu


    Croissance par tirage vertical, procédé Czochralski
 
fabrication pierre synthetique par procédé CzochralskiDate de découverte :
1916 et officiellement publiée en 1918 par le chimiste polonais Jan Czochralski (1885-1953)

Procédé :
Un germe est placé au contact de la matière en fusion située dans un creuset en platine ou en iridium, le tout sous atmosphère réduite. Selon le résultat souhaité, le germe est tiré verticalement à raison de 2 à 25 mm par heure et à une rotation n'excédant pas les 30 tours par minute, entraînant avec lui de la matière qui cristallise au fur et à mesure du refroidissement.
L'avantage de ce procédé est l'obtention de monocristaux d'une très grande pureté et de grosse dimension, fortement prisés dans les industries de pointe comme l'aérospatiale et l'optique. Par exemple, un Corindon incolore et totalement pur peut atteindre un diamètre supérieur à 30 cm pour un poids excédant les 60 kg, ce qui serait impossible à produire avec le procédé Verneuil.
Lors de la fabrication, l'adjonction d'oxydes métalliques ou de terres rares est d'usage courant dans le but d'obtenir des caractéristiques physiques ou optiques très spécifiques.
De nombreuses matières cristallines artificielles et synthétiques différentes peuvent être fabriquées, dans toutes les couleurs possibles. Certaines d'entre elles se retrouvent en bijouterie-joaillerie, d'autres chez les collectionneurs de raretés synthétiques mais le plus gros est destiné aux industries d'avant-garde.

Gemmes fabriquées :
- Synthétiques : Corindon (Rubis, Saphir incolore et toutes couleurs), Spinelle, Chrysobéryl dont Alexandrite, Fluorite, Forstérite, Fresnoïte, etc.
- Artificielles : YAG (Yttrium Aluminium Garnet), GGG (Gadolinium Gallium Garnet), LMA (Lanthane Magnésium Aluminium), YAP (Yttrium Aluminium Perovskite), Linobate (Niobate de lithium), Litanite (Tantalate de lithium), YCOB (Yttrium Calcium OxyBorate), YVO (Yttrium Vanadium Oxyde), YSO (Yttrium Silicium Oxyde), BSO (Bismuth Silicium Oxyde), BGO (Bismuth Germanium Oxyde), LNA (Lanthane Néodyme Aluminate), CGS (Calcium Gadolinium Silicium), GGS (Gallium Germanium Strontium), LaF (Fluorure de lanthane), NdF3 (Fluorure de néodyme), LGS (Langasite), LGT (Langatate), etc.

Inclusions distinctives lorsque présentes :
bulles de gaz, nuages de fines particules, zones de tension, stries courbes de croissance, cavités, tubes vides, fines aiguilles, spicules blancs, inclusions en forme de fils, cristaux négatifs, iridium en inclusions tabulaires parfois hexagonales, platine en inclusions aciculaires ou tabulaires parfois hexagonales

Fabricants passés et présents :
- Russie : Institut de Physique des Solides de l'Académie des Sciences (procédé Stepanov), Atlas ou Russian Research & Production Co. (procédé Kyropoulos), Institut de Géologie et de Géophysique de Novosibirsk, Fomos-Materials, Miracrys, RusGems, etc.
- États-Unis : Tyco Laboratories (Saphikon), Union Carbide / Linde Crystal Products, Army Materials Research Lab, Crystal Systems (procédé HEM - Heat Exchanger Method), Creative Crystals, Corning, American Elements, VLOC, ICT, etc.
- Japon : Kyocera
- France : Baikowski, Saint-Gobain Crystals & Detectors, ICMCB, etc.
- Allemagne : Crystal Photonics
- Biélorussie : Solix
- Canada : Crystar Research (Johnson Matthey)
- Chine : State Key Laboratory of Crystal Materials / Institute of Crystal Materials, etc.

Applications :
- bijouterie-joaillerie : pavage, entourage, pierres de centre
- horlogerie : verres de montre (Corindon synthétique incolore)
- optique : lentilles, prismes, tubes laser, etc.
- génie chimique : fenêtres, dômes, creusets, tubes, substrats, etc.

Références : Czochralski, 1918 ; Nassau, 1980 ; Tomaszewski, 1998 ; Antonov & Kurlov, 2002 ; Gübelin & Koivula, 2004 ; Harris, 2004


cristal boule alexandrite de synthèse fusion par tirage
chrysoberyl à changement de couleur synthétique procédé Czochralski
forsterite de synthèse fusion par tirage procédé chokralsky
forstérite de synthese fusion par tirage
LMA artificiel méthode Czochralski

boule ou bouteille
Alexandrite synthétique
302 grammes
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Alexandrite synthétique
taillée dans le brut
à gauche - 4,52 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

boule ou bouteille de
Forstérite synthétique
34,60 grammes
Coll. Gems-Plus.com
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Forstérite synthétique
taillée dans le brut
à gauche - 2,82 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

LMA artificiel
dopé au chrome
4,73 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu


gadolinium gallium garnet GGG artificiel procédé Czochralski
Yttrium aluminium garnet YAG artificiel méthode Czochralski
yttrium aluminium perovskite artificiel procédé Czochralski
Yttrium Orthosilicate Y2SiO5 artificiel méthode Czochralski
fresnoite synthetique procédé Czochralski

GGG artificiel
18,52 carats
Coll. Gems-Plus.com
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YAG artificiel
4,78 carats
Coll. F. Hargous
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YAP ou YAlO artificiel
11,40 carats
Coll. Gems-Plus.com
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YSO artificiel
24,82 carats
Coll. Gems-Plus.com
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Fresnoite synthétique
2,53 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu


    Croissance verticale, procédé Bridgman-Stockbarger
 
fabrication pierre synthetique par procédé Bridgman StockbargerDate de découverte :
1925 par le physicien américain Percy Williams Bridgman (1882-1961), amélioré en 1936 par le physicien américain Donald Charles Stockbarger (1895–1952)

Procédé :
Comme avec le procédé Czochralski, la croissance du monocristal fait appel à la fusion et se déroule à la verticale. La comparaison s'arrête là car le principe ici consiste à faire passer de la matière polycristalline enfermée dans une ampoule d'un état liquide en fusion à un état solide monocristallin ou polycristallin, au fur et à mesure de sa descente dans une chambre où la température diminue graduellement. Des additifs d'oxydes métalliques ou de terres rares, cause des différentes couleurs, peuvent modifier les caractéristiques physiques et optiques. Cette méthode de fabrication est particulièrement adaptée aux matières dont le point de fusion est assez bas.

Gemmes fabriquées :
- Synthétiques : Fluorite, Stolzite, Griceite, Sellaite, Corindon...
- Artificielles : LaF (Fluorure de lanthane), NdF3 (Fluorure de néodyme), YCOB (Yttrium Calcium OxyBorate), BGO (Bismuth Germanium Oxyde), BGS (Baryum Gallium Sulfure), CdTe (Tellurure de cadmium), LGT (Lithium Gallium Tellurium), GaAs (Arséniure de gallium), AgGaS2 (Sulfure d'argent et de gallium), SnS (Sulfure d'étain), etc.

Inclusions distinctives lorsque présentes :
Bulles de gaz, nuages de fines particules, zones de tension

Fabricants passés et présents :
- États-Unis : American Elements, Siemens, S & R Rubicon Sapphire
- Russie : Miracrys
- Allemagne : Max-Planck Institute für Festkörperforschung, Siemens, Crystal Photonics
- France : ICMCB
- Chine : Harbin Institute of Technology, State Key Laboratory of Crystal Materials / Institute of Crystal Materials
- Japon : Ohyo Koken Kogyo, Shinshu University

Applications :
- optique : prismes, lentilles, fenêtres, scintillateurs, laser, etc.

Références : Bridgman, 1925 ; Stockbarger, 1936 ; Ryo & Shigeru, 1953 ; Nassau, 1980


YCOB artificiel procédé Bridgman Stockbarger
fluorite de synthèse méthode bridgman stockbarger
fluorure de lithium artificiel procédé bridgman stockbarger
BGO artificiel processus bridgman stockbarger
YCOB artificiel méthode bridgman stockbarger

YCOB artificiel
procédé Bridgman
Photo & coll.
© SKLCM

Fluorite synthétique
10,28 carats
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Fluorure de lithium
artificiel 6,24 carats
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BGO artificiel
5,19 carats
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YCOB artificiel
dopé Nd - 5,34 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu


    Croissance horizontale en zone flottante
 
fabrication pierre synthetique par croissance en zone flottanteDates de découverte et d'amélioration :
- 1928 par le physicien russe Piotr Leonidovitch Kapitsa (Kapitza) (1894-1984)
puis successivement amélioré en :
- 1952 par le scientifique américain William Gardner Pfann (1917-1982)
- 1953 par les scientifiques américain Paul H. Keck et suisse Marcel J.E. Golay (1902-1989)
- 1961 par le scientifique allemand Reimer Emeis
- 1964 par le physicien russo-arménien Khachatur Saakovich Bagdasarov

Procédé :
Le principe était tout d'abord utilisé dans le but de purifier la matière située dans la zone de fusion. Il fut ensuite exploité pour la production à part entière de monocristaux. En position horizontale, un solide polycristallin est chauffé jusqu'à son point de fusion puis se solidifie lentement en monocristal, à raison de 2 à 15 millimètres par heure selon la matière. La source de chauffage peut être par lampes halogène, par résistance, par induction, par laser, par faisceaux d'électrons ou par source plasma. Le gros avantage de ce procédé est l'absence de creuset, évitant ainsi tout transfert d'impuretés au cristal.

Gemmes fabriquées :
- Synthétiques : Chrysobéryl dont Alexandrite, Fayalite, Sphène, Corindon, Perovskite, Rutile, Oxydes de cuivre (Cuprates)...
- Artificielles : YAG (Yttrium Aluminum Garnet), YIG (Yttrium Iron Garnet), YGG (Yttrium Gallium Garnet), YVO4 (Yttrium Vanadium Oxyde), GGG (Gadolinium Gallium Garnet), LuGG (Lutetium Gallium Garnet), CdTe (Tellurure de cadmium), Orthovanadate de magnésium, etc.

Inclusions distinctives lorsque présentes :
zones courbes de couleur ou de croissance, couches de fines particules, nébuleuses irrégulières dans le Saphir synthétique de fabrication Seiko

Fabricants passés et présents :
- États-Unis : Bell Telephone Labs, Signal Corps Engineering Lab, Crystal Systems, etc.
- Russie : Institut de Cristallographie de l'Académie des Sciences, Institut de Géologie et de Géophysique de Novosibirsk, Tairus, RusGems, etc.
- Allemagne : Siemens
- France : ICMCB
- Grande-Bretagne : Warwick University
- Japon : Seiko, Yamanashi University, Katsuhiro Teraishi / Seikosha

Applications :
- bijouterie-joaillerie : pavage, entourage, pierres de centre
- Horlogerie : verres de montre
- optique : lentilles, fenêtres, prismes, tubes laser, etc.

Références : Kapitza, 1928 ; Pfann, 1952 ; Keck & Golay, 1953 ; Emeis, 1961 ; Nassau, 1980 ; Higuchi et al., 1991 ; Bohm et al., 1994 ; Gübelin & Koivula, 2004 ; Dabkowska & Dabkowski, 2010


GGG point de fusion en zone flottante
YAG artificiel procédé fusion en zone flottante
GGG artificiel méthode fusion en zone flottante
Rubis synthetique processus fusion en zone flottante
Saphir rose synthétique procédé fusion en zone flottante

vue sur le
point de fusion d'un
GGG artificiel
Photo © R. Geray

YAG artificiel
2,51 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

GGG artificiel
4,12 carats
Coll. privée
Photo © Gemmo.eu

Rubis synthétique
2,82 carats
Coll. privée
Photo © Gemmo.eu

Saphir rose synthétique
2,27 carats
Coll. privée
Photo © Gemmo.eu


    Croissance en autocreuset ou creuset froid
 
fabrication pierre synthetique par croissance en autocreuset
Dates de découverte et d'amélioration :
- 1964 par les scientifiques français Monique Perez y Jorba et Robert Collongues sur la fabrication par chauffage à induction à haute fréquence sans creuset de la céramique réfractaire polycristalline à base d'oxyde de zirconium
- 1969 par les scientifiques français Y. Roulin, G. Vitter et C. Déportes sur la fabrication en autocreuset des premiers monocristaux d'oxyde de zirconium stabilisés à l'aide d'oxyde d'yttrium
- 1973 par les scientifiques russes Vladimir Ilich Alexandrov et son équipe de l'Institut Physique de Lebedev à Moscou sur les améliorations significatives apportées à la fabrication en autocreuset de l'oxyde de zirconium stabilisé monocristallin

Procédé :
Sa particularité est de pouvoir fonctionner à de très hautes températures lors de la fabrication de monocristaux tels que ceux du dioxyde de zirconium dont le point de fusion se situe vers 2750°C. Il n'existe pas de creuset métallique capable de supporter de telles températures. Le principe est d'utiliser la matière préalablement fondue puis refroidie qui servira d'autocreuset destiné à la fabrication de cette même matière sous forme monocristalline. L'énergie par induction radiofréquence chauffe principalement le contenu pendant que le circuit d'eau refroidit le contenant pour le garder solide.
Dans le cas de la fabrication du dioxyde de zirconium monocristallin, un morceau de zirconium métallique sert à initier le processus et est chauffé jusqu'à son point de fusion. La chaleur est diffusée dans la poudre ZrO2 environnante qui finit par fondre à son tour et former une croûte lors de son refroidissement sur les bords et en bas, servant ainsi d'autocreuset. De la poudre est rajoutée au fur et à mesure de sa fusion et cristallise en quelques heures, sous forme de "colonnes" parallèles. Un apport de 10 à 15% d'oxyde d'yttrium (Y2O3) ou d'oxyde de calcium (CaO) est nécessaire pour stabiliser la phase cubique du monocristal.
Au final, l'oxyde de zirconium ainsi obtenu possède de grandes propriétés physiques et optiques. C'est pourquoi il est considéré en bijouterie depuis 1976 comme une excellente imitation du diamant ou des pierres précieuses de couleur. Les gemmes taillées sont peu coûteuses à produire, d'une parfaite limpidité et peuvent atteindre de grandes dimensions supérieures à 80 mm, dans presque toutes les couleurs selon les dopants dont les métaux de transition Cr, Co, Cu, Fe, Mn, Ni, Ti et V ou les terres rares (lanthanides) Ce, Er, Eu, Ho, Nd, Pr et Tm.

Gemmes fabriquées :
Oxyde de zirconium, communément appelé CZ pour Cubic Zirconia ou Zirconium Cubique en français

Inclusions distinctives lorsque présentes :
très fines "poussières", minuscules bulles de gaz, zones de tension

Fabricants passés et présents :
- Russie : Institut Physique Lebedev de l'Académie des Sciences, RusGems
- États-Unis : Ceres Crystal Industries, ICT, MSB Industries, Ranjit/Singh, Airtron/Litton, etc.
- France : LCAES (Laboratoire de Chimie Appliquée de l'Etat Solide)
- Chine : Wuzhou Jiang Yuan Gems, Wuzhou Zhongshi Gems, DM3 Ex-im Co., etc.

Applications :
- bijouterie-joaillerie : pavage, entourage, pierres de centre
- optique : lentilles, prismes, fenêtres, laser
- électronique : substrats, couches tampon
- médecine : lentilles, scalpels, implants inertes...

Références : Perez y Jorba & Collongues, 1964 ; Roulin et al., 1969 ; Alexandrov et al., 1973 & 1974 ; Nassau, 1980 & 1981 ; Gübelin & Koivula, 2004 ; Teissier, 2006


oxyde de zirconium cubique
dioxyde de zirconium de synthèse
oxyde de zirconium CZ
synthetic cubic zirconia
zirconia cubique

Oxyde de zirconium
énorme 80 x 80 mm
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Oxyde de zirconium
très gros 50 x 50 mm
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Oxyde de zirconium
très gros 60 x 60 mm
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Oxyde de zirconium
très gros 945 ct
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Oxyde de zirconium
très gros 865 ct
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu


dioxyde de zirconium CZ jaune
oxyde de zirconium cubique
dioxyde de zirconium de synthèse
oxyde de zirconium CZ
oxyde zirconium noir

Oxyde de zirconium
cubique 385 carats
Coll. Gems-Plus.com
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Oxyde de zirconium
cubique 380 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Oxyde de zirconium
cubique 61 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Oxyde de zirconium
cubique 72 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Oxyde de zirconium
opaque 72 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu


dioxyde de zirconium CZ translucide
dioxyde de zirconium CZ violet
oxyde de zirconium cubique
dioxyde de zirconium de synthèse
oxyde de zirconium CZ

Oxyde de zirconium
semi-opaque 2,50 ct
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Oxyde de zirconium
semi-opaque 2,50 ct
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Oxyde de zirconium
semi-opaque 2,50 ct
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Oxyde de zirconium
semi-opaque 2,50 ct
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Oxyde de zirconium
semi-opaque 2,50 ct
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu


    Croissance par dissolution anhydre (fondant / flux)
 
fabrication pierre synthétique procédé anhydre (flux)Dates de découverte et d'amélioration :
- 1847 par le chimiste français Jacques Joseph Ebelmen (1814-1852) sur la fabrication de minuscules cristaux dont Spinelle, Chrysobéryl, Corindon et Béryl, à l'aide d'un fondant à base d'acide borique ou de borax
- 1888 par le chimiste français Paul Gabriel Hautefeuille (1836-1902) et l'ingénieur Adolphe Jean Edme Perrey sur la reproduction de cristaux millimétriques d'Émeraude à l'aide d'un fondant à base de molybdate de lithium
- 1911 par la société allemande IG-Farbenindustrie AG dont le processus de fabrication de cristaux d'Émeraude opaques à translucides de 20 mm de longueur en 12 mois est celui montré sur le schéma à gauche, à l'aide d'un fondant de molybdate de lithium et de vanadate
- Fin des années 1950 jusqu'à ~1985, le processus fut régulièrement amélioré avec la fabrication de cristaux de Béryl ou de Corindon de plus en plus gros et de belle qualité gemme taillable à facettes, dont les productions commerciales en 1959 de l'américain Carroll C. Chatham, en 1963 du français Pierre Gilson et en 1978 du laboratoire japonais Kyocera (Inamori) furent les plus représentatives

Procédé :
Les composants de la gemme synthétique souhaitée, une amorce optionnelle, de la silice nutritive, un agent chromophore et un fondant anhydre (sans eau) sont placés dans un creuset en platine. Le tout est chauffé sous pression ambiante jusqu'à la température de dissolution et de recristallisation en monocristaux. Dans le cas de l'Émeraude (schéma), le fondant est le plus souvent à base de molybdate de lithium. Le refroidissement lent entraîne la formation et la croissance de cristaux qui remontent jusqu'à la grille en platine. Diverses variantes et d'autres fondants peuvent être employés tels que le fluorure de plomb, l'oxyde de bismuth, de plomb ou de vanadium, le borate ou le carbonate de sodium, etc. Les coûts de production sont relativement élevés car le processus complet est long, jusqu'à 12 mois pour les cristaux les plus gros. Les différentes synthèses portent souvent le nom du scientifique ou de la société qui est à l'origine de sa fabrication. Exemples : Émeraude synthétique Gilson ou Chatham, Rubis synthétique Ramaura ou Knischka, etc.

Gemmes fabriquées :
- Synthétiques : Béryl dont Emeraude, Corindon dont Rubis et Saphir, Spinelle, Phénacite, Sphène, Perovskite...
- Artificielles (plus rarement) : YAG (Yttrium Aluminum Garnet), YIG (Yttrium Iron Garnet) et autres "Grenats", Titanate de strontium...

Inclusions distinctives lorsque présentes :
résidus de flux, "empreintes digitales" ou givres de guérison, bulles déformées, contractées ou allongées, inclusions biphasées, rarement triphasées, zones de tension, platine en inclusions aciculaires ou tabulaires parfois hexagonales, béryl recristallisé dans le Béryl, zones parallèles de croissance et/ou de couleur dans le Corindon, voiles vaporeux en forme de queue de comète dans le Rubis synthétique Ramaura ou Kashan, zones de tension, grains noirs

Fabricants passés et présents :
- États-Unis : Bell Telephone Labs, Union Carbide / Linde Crystal Products, American Elements, Creative Crystals, Chatham Research Lab, Kashan, Ramaura
- Russie : Institut de Géologie et de Géophysique de Novosibirsk, Miracrys, etc.
- Allemagne : IG-Farbenindustrie AG, Nacken, Zerfass
- France : ICMCB, Établissements Céramiques Pierre Gilson, Lennix
- Japon : Seiko, Kyocera / Inamori, Katsuhiro Teraishi / Seikosha, Nakazumi Earth Crystals
- Autriche : Knischka, Lechleitner
- Grèce : Douros

Applications :
- bijouterie-joaillerie : pavage, entourage, pierres de centre

Références : Ebelmen, 1847 ; Hautefeuille & Perrey, 1888 ; Espig, 1960 ; Remeika, 1963 ; Nassau, 1980 ; Gübelin & Koivula, 2004


cristal emeraude synthetique Chatham
cristaux synthétiques émeraude Gilson
cristal de synthèse émeraude Gilson
emeraude synthétique Gilson taillée
Emeraude de synthèse Gilson facettée

Emeraude synthétique
de fabrication Chatham
environ 7 carats
Coll. F. Hargous
Photo © Gemmo.eu

Emeraude synthétique
de fabrication Gilson
5,80 carats
Coll. Gilson
Photo © Gemmo.eu

Emeraude synthétique
de fabrication Gilson
gros cristal 435 ct
Coll. Gilson
Photo © Gemmo.eu

Emeraude synthétique
de fabrication Gilson
4,05 carats
Coll. Gilson
Photo © Gemmo.eu

Emeraude synthétique
de fabrication Gilson
4,20 carats
Coll. Gilson
Photo © Gemmo.eu


cristal rubis synthétique Ramaura
résidus de fondant dans rubis synthétique Ramaura
zones de croissance dans rubis synthétique Ramaura
zones de croissance dans rubis de synthèse Ramaura
rubis synthétique Ramaura taillé à facettes

Rubis synthétique de
fabrication Ramaura
env. 30 x 20 mm
Coll. AFG Lyon
Photo © Gemmo.eu

Rubis synthétique de
fabrication Ramaura
résidus de flux
Coll. AFG Lyon
Photo © Gemmo.eu

Rubis synthétique de
fabrication Ramaura
zones de croissance
Coll. AFG Lyon
Photo © Gemmo.eu

Rubis synthétique de
fabrication Ramaura
zones de croissance
Coll. AFG Lyon
Photo © Gemmo.eu

Rubis synthétique de
fabrication Ramaura
1,50 carat
Coll. AFG Lyon
Photo © Gemmo.eu


inclusions voiles dans emeraude synthetique anhydre
inclusions bulles de retrait dans emeraude synthetique anhydre
inclusions grains noirs et zones rectilignes dans emeraude synthetique anhydre Lennix
résidus de fondant dans le rubis synthetique anhydre Chatham

résidus, plaquettes et voiles dans le saphir synthetique anhydre fabrication Chatham

Voiles dans
l'Emeraude anhydre,
toutes fabrications
Illustration
© E. Kockler-Thomas

Bulles de retrait dans
l'Emeraude anhydre,
toutes fabrications
Illustration
© E. Kockler-Thomas

Grains noirs et zones
rectilignes dans l'Emeraude
de fabrication Lennix
Illustration
© E. Kockler-Thomas

Résidus de fondant
dans le Rubis de
fabrication Chatham
Illustration
© E. Kockler-Thomas

Résidus, plaquettes et
voiles dans le Saphir
de fabrication Chatham
Illustration
© E. Kockler-Thomas


    Croissance par dissolution hydrothermale
 
fabrication pierre synthetique par dissolution hydrothermaleDates de découverte et d'amélioration :
- 1845 par le géologue allemand Karl Emil von Schafhäutl (1803-1890) sur les premiers essais de fabrication de cristaux microscopiques de Quartz, suivi en 1851 par le minéralogiste français Henri Hureau de Sénarmont (1808-1862)
- 1905 par le turinois Giorgio Spezia (1842-1911) sur la fabrication de cristaux centimétriques de Quartz
- 1957 par les professeurs français Jean Wyart et Stjepan Scavnicar sur la fabrication de monocristaux millimétriques de Béryl
- 1958 par les scientifiques américains Robert A. Laudise et Albert A. Ballman sur la fabrication de monocristaux de Saphir et Rubis au Bell Telephone Lab
- 1965 par les scientifiques américains Edith M. Flanigen et son équipe du Centre de Recherche Linde (Union Carbide) sur la fabrication d'Émeraudes synthétiques d'un poids unitaire supérieur au gramme

Procédé :
La croissance cristalline se produit sous autoclave, une sorte de cocotte-minute combinant chaleur et pression. Comme en milieu naturel et contrairement à la dissolution anhydre, l'eau joue ici le rôle de solvant. Les constituants du cristal à synthétiser sont dissous dans une solution aqueuse alcaline montée en température et sous pression autour d'un ou plusieurs germes suspendus par des fils de platine, le tout enrichi par convection. Un ou des agents colorants sont rajoutés à la solution tel que le chrome, le fer, le nickel, le cobalt, le vanadium, le manganèse, le néodyme, etc.
Les deux principales synthèses fabriquées par cette méthode sont le Béryl et le Quartz. La croissance du Béryl chromifère, variété Émeraude, est réalisée à une température de 500 à 620°C sous une pression de 700 à 1400 bars alors que celle du Quartz se produit à une température d'environ 300°C sous une pression de 1400 bars. Les monocristaux de Quartz ainsi obtenus sont de forte dimension et de grande pureté, dans de nombreuses couleurs y compris celles inexistantes dans la nature comme le bleu vif, le orange saturé ou le bicolore bleu/jaune.
Les coûts de production du Quartz sont faibles car sa croissance est rapide alors qu'ils sont relativement élevés pour le Béryl dont la coissance est de seulement 3 à 10 millimètres par semaine. Les différentes synthèses d'Émeraude portent parfois le nom du scientifique ou de la société qui est à l'origine de sa fabrication. Exemples : Émeraude synthétique Crescent Vert, Emerita, Inamori, Regency, Linde, Biron, Malossi, etc.

Gemmes fabriquées :
- Synthétiques : Quartz monocristallin dont Cristal de roche, Quartz fumé, Améthyste, Citrine, Amétrine et Prasiolite, Béryl dont Emeraude et Béryl rouge (Bixbite), Corindon dont Rubis, Calcite, Zincite, Fluorite, Apatite, Chrysobéryl, etc.
- Artificielles (plus rarement) : YAG (Yttrium Aluminum Garnet), YIG (Yttrium Iron Garnet) et autres "Grenats", Linobate (Niobate de lithium), Litanite (Tantalate de lithium), etc.

Inclusions distinctives lorsque présentes :
marques de croissance en dents de scie ou en chevrons, zones de couleur rectilignes, cavités en forme de clous à tête de "mie de pain", inclusions en "mie de pain" blanches, beiges, brunes ou presque noires, Phénacite en cristaux ou en "mie de pain", tubes vides irréguliers, cristaux négatifs, inclusions fluides aplaties ou contractées, "empreintes digitales" ou givres de guérison, voiles multiples (Béryl, Corindon), inclusions biphasées liquides (Fluorite), fissures en forme de tire-bouchon (Émeraude), fil de platine, inclusions métalliques d'or (Biron) ou de platine

Fabricants passés et présents :
- États-Unis : Bell Telephone Labs, Union Carbide / Linde Crystal Products, Vacuum Ventures / Regency, Chatham Research Lab, etc.
- Russie : Miracrys, Vasar, Tairus, RusGems, Mineral Group, Institut de Cristallographie de Moscou / Emcom, Synthetic Crystals, etc.
- Australie : Biron
- Chine : Institute of Geology for Mineral Resources
- Autriche : Lechleitner
- Allemagne : Axtal
- République Tchèque : Malossi

Applications :
- bijouterie-joaillerie : pavage, entourage, pierres de centre
- contrôle et mesure : montres à quartz, oscillateurs, capteurs, générateurs d'ultrasons, télémètres, etc.
- optique : prismes, lentilles...

Références : Sénarmont, 1851 ; Bourgeois, 1884 ; Spezia, 1905 ; Wyart & Scavnicar, 1957 ; Laudise & Ballman, 1958 ; Flanigen et al., 1965 & 1971 ; Nassau, 1980 ; Gübelin & Koivula, 2004


cristal émeraude synthetique hydrothermale
inclusions chevrons ou dents de scie émeraude synthétique hydrothermale
émeraude de synthèse hydrothermale Biron
émeraude de synthèse hydrothermale fabrication russe
Béryl rouge Bixbite de synthèse hydrothermale fabrication Tairus

Emeraude hydrothermale
de fabrication russe
monocristal 56 carats
Coll. D. Albert
Photo © Gemmo.eu

Structure en chevrons
ou en dents de scie
dans l'Emeraude hydro.
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Emeraude hydrothermale
de fabrication Biron
1,20 carat
Coll. F. Hargous
Photo © Gemmo.eu

Emeraude hydrothermale
de fabrication russe
3,21 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Béryl rouge hydrothermal
de fabrication Tairus
1,01 carat
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu


structure en dents de scie emeraude synthetique hydrothermale
inclusions clous de phenacite dans emeraude synthetique hydrothermale
inclusions de voiles dans emeraude synthetique hydrothermale Biron

germe rectiligne incolore dans emeraude synthetique hydrothermale Regency
germe rectiligne incolore dans emeraude de synthese hydrothermale Regency

Structure en dents de
scie dans l'Emeraude
hydrothermale,
Illustration
© E. Kockler-Thomas

"Clous" de phénacite
dans l'Emeraude
hydrothermale
Illustration
© E. Kockler-Thomas

Voiles dans l'Eme-
raude hydrothermale
de fabrication Biron
Illustration
© E. Kockler-Thomas

Germe rectiligne incolore
dans une Emeraude
hydrothermale Regency
Illustration
© E. Kockler-Thomas

Germe rectiligne incolore
dans une Emeraude
hydrothermale Regency
Illustration
© E. Kockler-Thomas


quartz synthétique hydrothermal cristal incolore
quartz de synthèse hydrothermal germe central
quartz synthétique hydrothermal bleu clair
améthyste de synthèse hydrothermale
ametrine de synthèse hydrothermale

Quartz hydrothermal
de fabrication russe
gros cristal incolore
Coll. & photo
© Geminterest.com

Quartz hydrothermal
germe central bien visible
44,50 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Quartz hydrothermal
imitation Aigue-marine
33,80 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Quartz hydrothermal
variété Améthyste

38,05 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Quartz hydrothermal
variété Amétrine

26,75 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu


citrine de synthèse hydrothermale
citrine synthétique hydrothermale
quartz synthétique hydrothermal bleu vif dopé cobalt
quartz synthétique hydrothermal bicolore violet et incolore
quartz de synthèse hydrothermal bleu et orange

Quartz hydrothermal
variété Citrine

38,75 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Quartz hydrothermal
variété Citrine

17,40 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Quartz hydrothermal
dopé au cobalt
8,95 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Quartz hydrothermal
synthétique bicolore

8,76 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Quartz hydrothermal
synthétique bicolore

21,55 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu


    Croissance par procédé HPHT
 
fabrication diamant synthetique par procédé HPHT - haute pression haute temperature
Dates de découverte et d'amélioration :
- 1953 par une équipe scientifique suédoise de la société Allmänna Svenska Elektriska Aktiebolaget (ASEA) sur la fabrication de petits Diamants de qualité industrielle à l'aide d'une presse combinant haute pression et haute température (HPHT) mise au point par les inventeurs Baltzar von Platen (1898–1984) et Anders Kämpe (1928-1984)
- 1955 par des équipes de physiciens américains menées conjointement par Francis P. Bundy (1910-2008) et Anthony J. Nerad (1900-1979) au sein du laboratoire de recherche de General Electric sur la fabrication de petits Diamants de qualité industrielle à l'aide d'une presse ceinturante (belt) mise au point par Howard Tracy Hall (1919-2008)
- 1962 par le scientifique américain David T. Griggs (1911-1974) de l'Université de Los Angeles en Californie (UCLA) sur la mise au point d'une presse cubique dont les 6 pistons pouvaient fonctionner indépendamment les uns des autres
- 1989 par le scientifique russe I.Y. Malinovsky et son équipe au sein de l'Académie des Sciences de Novosibirsk sur la fabrication de Diamants de qualité gemme au moyen d'une presse à sphère divisée (BARS)

Procédé :
Un germe de Diamant, un solvant métallique ainsi que du carbone pur sont enfermés au centre d'une presse, dans une chambre chauffée par gradients à une température allant de 1300 à 1800°C et soumise à une pression de 5 à 7 GPa (50 à 70 kBar). Le métal fondu va dissoudre le carbone qui va lentement se déposer sur le germe. Ce dernier va croître en un monocristal de plusieurs carats en l'espace de trois à six jours.
L'intérêt du solvant métallique est double. D'une part, il permet la croissance du Diamant à des températures et des pressions nettement inférieures à celles exercées dans la nature et d'autre part, ses constituants vont influencer la couleur du Diamant. Sans additif, la présence naturelle de l'azote donnera un Diamant jaune. Un additif de titane et/ou d'aluminium servira à "piéger" l'azote et donnera un Diamant incolore. Le bore donnera un Diamant bleu et le nickel un Diamant vert.
Il existe trois types de presse. La première est dite ceinturante (belt) en raison de la forme de ses enclumes. Mise au point chez General Electric dans les années 50, elle fonctionne à des pressions comprises entre 40.000 et 100.000 bars et à des températures de plusieurs milliers de degrés centigrade. Le second type est appelé presse cubique car elle est composée de 6 enclumes qui exercent chacune une pression sur un volume central en forme de cube. Le troisième type comprend une enclume en forme de sphère divisée dont chaque partie va faire pression vers le centre où se situe une chambre renfermant les constituants du Diamant à synthétiser (schéma). Elle a été mise au point à l'Académie des Sciences de Novosibirsk en Russie et porte le nom de BARS, les initiales du procédé en russe. Avec la presse cubique, elle est aujourd'hui la solution la plus économique et la plus rapide pour la fabrication de Diamants de qualité gemme.

Gemmes fabriquées :
- Diamant dont incolore, jaune, orange, beige, brun, gris, vert et bleu (d'autres couleurs sont obtenues par traitement post-fabrication)
- Autres cristaux, hors gemmes (< 1 mm) : Ringwoodite, Wadsleyite, etc.

Inclusions distinctives lorsque présentes :
zones de croissance cubiques ou octaédriques, zones de couleur, nuage d'inclusions en tête d'épingle, inclusions arrondies, allongées ou informes de résidu métallique provenant du solvant, "cheveux", minuscules inclusions tabulaires de forme triangulaire

Fabricants passés et présents :
- États-Unis : General Electric Research Lab (GERL), Center for Nanomaterials Research (CNR), Mineral Physics Institute (MPI), Diamond Materials, US Synthetic, Gemesis / Pure grown Diamonds, Takara, etc.
- Russie : Académie des Sciences de Novosibirsk - Institut de Géologie et de Minéralogie, Tairus, New Age Diamonds, New Diamond Technology, etc.
- Japon : Institute for Solid State Physics (ISSP), Institute for Study of the Earth's Interior (ISEI), Geodynamics Research Center (GRC), etc.
- Corée du Sud : Iljin Diamond
- Grande-Bretagne : Element Six / De Beers
- Suède : Allmänna Svenska Elektriska Aktiebolaget (ASEA) / ABB
- Pays-Bas : Advanced Optical Technologies Corp. (AOTC)
- France : Laboratoire des Hautes Pressions (LHP)
- Espagne : Instituto de Monocristales

Applications :
- bijouterie-joaillerie : pavage, entourage, pierres de centre
- composant industriel pour : optique, laser, électronique, superconducteurs, conducteurs thermiques, abrasif, découpe, perçage, instruments de mesure, détecteurs divers, etc.

Références : Bundy et al., 1955 ; Hall, 1955 & 1960 ; Liander & Lundblad, 1955 & 1960 ; Bundy, 1962 ; Nassau, 1980 ; Malinovsky et al., 1989 ; Pal’yanov et al., 1990 ; Shigley et al., 1993 & 2002 ; Gübelin & Koivula, 2008 ; Liebermann, 2011 ; Hainschwang & Notari, 2014


fabrication HPHT - sphère BARS
fabrication HPHT - type cubique
diamants de synthèse HPHT jaune
diamant synthetique HPHT jaune

diamants synthetiques HPHT jaunes

Presse HPHT
type sphère divisée
Photo © Angelfire

Presse HPHT
type cubique
Photo © US Synthetic

Diamants synthétiques
procédé HPHT
Photo © Soni Tools

Diamant synthétique
procédé HPHT
Photo © Gemesis

Diamants synthétiques
procédé HPHT
Photo © Gemesis


    Croissance par procédé CVD
 
croissance par procédé CVD - chemical vapor depositionDates de découverte et d'amélioration :
- 1952 par le scientifique américain William G. Eversole et son équipe de la société Union Carbide sur la fabrication du Diamant à basse pression par dépôt chimique en phase vapeur (Chemical Vapor Deposition - CVD)
- 1956 par les scientifiques russes Boris V. Spitsyn et Boris V. Derjaguin (1902-1994) de l'Institut de Physique et de Chimie de Moscou sur la croissance de micro-Diamants à pression ambiante
- 1962 : publication officielle des brevets de fabrication par W.G. Eversole
- 1974 par le scientifique japonais Nobuo Setaka et son équipe de l'Institut National de Recherche sur les Matériaux Inorganiques (NIRIM) à Tsukuba sur un procédé CVD à croissance cristalline plus rapide que précédemment

Procédé :
La grande différence avec le procédé HPHT est l'absence de haute pression. Son principe, appliqué très majoritairement à la croissance du Diamant, repose sur la décomposition à pression ambiante de molécules de gaz riches en carbone telles que le méthane, l'acétylène ou le dioxyde de carbone. La formation du plasma qui en découle est activée à partir d'une source radio-fréquences, de micro-ondes (schéma) ou d'une décharge électrique continue entre deux électrodes. Le carbone se dépose en couches minces sur un substrat en diamant synthétique HPHT de type IIa ou en silicium, bien propre et bien poli, gardé à une température constante entre 700 et 1100°C . Selon la technique et le substrat employés, la croissance du Diamant de structure monocristalline ou polycristalline est de 10 micromètres à 0,1 millimètre par heure. La couleur finale sera entre autres déterminée par la quantité d'azote N2 présent au moment du processus (incolore, beige, brun, noir) et/ou par l'ajout d'un dopant tel que le diborane B2H6 (bleu).
Le procédé CVD permet aujourd'hui de fabriquer des Diamants de belle qualité gemme de plus en plus gros, de plus en plus rapidement et de moins en moins chers.

Gemmes fabriquées :
Diamant dont incolore, beige, brun, noir, rose, violet et bleu (d'autres couleurs sont obtenues par traitement post-fabrication)

Inclusions distinctives lorsque présentes :
fissures, nuage d'inclusions en tête d'épingle, petites inclusions noires informes, zones de couleur formées parallèlement au plan du substrat, zones de tension lamellaires issues de la croissance tabulaire

Fabricants passés et présents :
- États-Unis : Scio Diamond Technology / Apollo Diamonds, Washington Diamonds, Applied Diamond, Gemesis, Carnegie Institution, Fraunhofer, Pure Grown Diamond, etc.
- Inde : New Diamond Era
- Singapour : IIa Technologies
- Japon : National Institute for Research in Inorganic Materials (NIRIM), Sumitomo (SEI), Tomei Diamond, etc.
- Chine : Institut de Physique de l'Académie des Sciences de Pékin, etc.
- Grande-Bretagne : Element Six / De Beers
- France : Laboratoire d'Ingénierie des Matériaux et des Hautes Pressions (LIMHP - CNRS)

Applications :
- bijouterie-joaillerie : pavage, entourage, pierres de centre
- composant industriel pour : optique dont lentilles et fenêtres, laser, spectroscopie, rayons X, micro-ondes, processeurs, amplificateurs radar, capteurs, conducteurs thermiques, acoustique, électronique dont semiconducteurs et transistors, abrasif, découpe, perçage, instruments de mesure, détecteurs divers, traitement de l'eau, enrobage de matériaux, etc.

Références : Kiffer, 1956 ; Spitsyn & Derjaguin, 1956 ; Eversole, 1962 ; Angus et al., 1968 ; Nassau, 1980 ; Spear & Dismukes, 1994 ; Wang et al., 2010 ; Hainschwang & Notari, 2014


diamant synthetique CVD tabulaire
lentille en diamant synthetique CVD
diamants synthetiques CVD brun à noir

diamant de synthèse CVD beige
diamants synthetiques CVD incolores

Synthèse de diamants
CVD tabulaires à usage
électronique
Photo © Element Six

Lentille en diamant
polycristallin, usage
laser, procédé CVD
Photo © Element Six

Diamants synthétiques
brun = présence d'azote
procédé CVD
Photo © Apollo/Scio

Diamant synthétique
beige = présence d'azote
procédé CVD
Photo © Apollo/Scio

Diamants synthétiques
incolores 0,40 à 1,40 ct
procédé CVD
Photo © Carnegie Inst.


    Autres procédés de fabrication
 
Fusion simple et refroidissement rapide :

Ce dossier ne serait pas complet si le procédé de fabrication du verre qui remonte à plus de quatre millénaires n'était pas mentionné ici car cette matière est largement utilisée en bijouterie, notamment en imitation de pierres précieuses. Le verre existe aussi à l'état naturel et porte les noms d'Obsidienne, de Moldavite (Tectite) ou de Verre libyque (Impactite). Ils sont issus de la fusion de la silice suivie d'un refroidissement rapide qui la rend amorphe, sans structure cristalline. Dans un processus de refroidissement lent, la silice sous sa forme la plus pure finit par cristalliser en minéral de Quartz.
Les ingrédients nécessaires à la fabrication du verre sont 50 à 75% de silice SiO2 constituée de sable raffiné et 25 à 50% de différents fondants, stabilisants, affinants, colorants et autres additifs. Le point de fusion de la silice pure étant élevé (1750°C), un fondant tel que le carbonate de sodium permet de l'abaisser entre 800 et 1000°C. Chauffé jusqu'à sa fusion et sorti du four à l'état visqueux, le verre est moulé par les industriels ou sculpté par les artistes-créateurs avant qu'il ne durcisse définitivement à l'air ambiant. Il existe un grand nombre de colorants et d'additifs destinés à lui donner des propriétés physiques et optiques bien spécifiques, selon l'usage ultérieur.
Quelques exemples :
- Les oxydes de sodium et de calcium donnent le verre le plus commun des bouteilles, des verres à boire, des vitres de fenêtre, etc.
- L'oxyde de plomb renforce la brillance des verres utilisés dans les arts de la table ou décoratifs (cristal) ou dans la bijouterie fantaisie (strass de type Swarovski)
- L'oxyde de bore donne le pyrex connu pour sa haute résistance thermique
- L'oxyde d'aluminium confère au verre une plus grande résistance hydrolytique
- L'oxyde d'étain rend le verre translucide ou totalement opaque
- L'oxyde de cuivre réduit après chauffage à des paillettes dispersées provoquent un effet aventurescent, en imitation de la Pierre de soleil
- Les oxydes métalliques et les lanthanides permettent d'obtenir des propriétés optiques bien précises et tout un éventail de couleurs différentes
Le verre est une matière bon marché qui peut être recyclé à l'infini. C'est pourquoi il est largement rencontré en gemmologie, de toutes les couleurs y compris multiples, avec ou sans effets optiques (chatoyance, aventurescence, opalescence, iridescence) ou assemblé à d'autres matières (doublet, triplet).
Les indices de reconnaissance du verre sont principalement son isotropie, la présence de bulles de gaz et d'éventuels tourbillons de coulée.

Références :  Nassau, 1980 ; Verreonline.fr

verre fabriqué dépoli roulé
verre de fabrication artificielle
verre manufacturé obsidienne mont saint helens
verre fabriqué aventurescent avec paillettes scintillantes
pierre de slocum imitation opale

Verre roulé et dépoli
par les eaux,
trouvé sur la plage
Coll. & photo
© Gemmo.eu

Verre manufacturé,
imitation d'autres
gemmes naturelles
Coll. & photo
© Gemmo.eu

Verre manufacturé,
vendu comme étant issu du
volcan Mt-St-Helens USA
Coll. & Photo
© F. Hargous

Verre manufacturé
aventurescent (paillettes
de cuivre scintillantes)
Coll. & photo
© Gemmo.eu

Verre manufacturé
à effet iridescent,
imitation de l'Opale
Coll. & photo
© J.P. Gauthier

verre bleu dopé au cobalt
verre rouge dopé au selenium
verre à changement de couleur dopé au neodyme
verre à changement de couleur dopé au thulium et neodyme
fibre de verre chatoyante oeil de chat

Verre manufacturé
dopé au cobalt,
cause de sa couleur
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Verre manufacturé
dopé au selenium,
cause de sa couleur
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Verre manufacturé à
changement de couleur
dopé au néodyme
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Verre manufacturé à
changement de couleur
dopé au thulium + Nd
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Fibre de verre taillée
en cabochon avec
effet oeil-de-chat
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu





Frittage :

Ce procédé consiste en la fabrication d'un agglomérat compact et solide dont les céramiques font partie. Des poudres minérales très fines sont chauffées sans atteindre leur point de fusion. C'est ce que l'on appelle le frittage qui a pour effet de faciliter le soudage des grains entre eux jusqu'à former une masse polycristalline homogène. L'adjonction d'eau, d'un liant et/ou une mise sous pression sont parfois nécessaires pour parfaire le résultat. Les porcelaines sont fabriquées ainsi, à base de poudres très fines de quartz, de feldspath et de kaolin, ajoutées à de l'eau et un liant.
En gemmologie et en bijouterie, les meilleurs exemples de fabrication par frittage remontent au début des années 1970 avec les imitations du Lapis-Lazuli, du Corail et de la Turquoise synthétique par le céramiste français Pierre Gilson. D'autres céramiques de fabrication asiatique ont été rencontrées par la suite pour imiter le Jade, la Serpentine ou l'Opale commune, ou pour être utilisées comme nucleus de perle d'huître.
Depuis les années 1990, d'autres variétés de céramiques plus abouties ont vu le jour en bijouterie dont les principales qualités sont une grande dureté supérieure à 7 sur l'échelle de Mohs, une très bonne ténacité entraînant une longue durabilité, des possibilités de mise en forme audacieuses et un remarquable poli final.

Références :  Williams & Nassau, 1976 ; Nassau, 1980 ; Lind et al., 1983

Pierre Gilson céramiste inventeur gemmes synthétiques
imitation lapis-lazuli fabrication pierre gilson
turquoise synthetique fabrication pierre gilson
turquoise de synthèse fabrication pierre gilson
turquoise synthétique fabrication pierre gilson

Pierre Gilson
(1914-2002)
céramiste et créateur
de gemmes
Photo © Mme Gilson

Imitation Lapis-Lazuli
8,80 carats
fabrication P. Gilson
Coll. Mme Gilson
Photo © Gemmo.eu

Turquoise synthétique
28,75 carats
fabrication P. Gilson
Coll. Mme Gilson
Photo © Gemmo.eu

Turquoise synthétique
3,95 carats
fabrication P. Gilson
Coll. Mme Gilson
Photo © Gemmo.eu

Turquoise synthétique
18,00 carats
fabrication P. Gilson
Coll. Mme Gilson
Photo © Gemmo.eu

bague céramique
bague céramique
bague céramique
bague céramique
bague céramique

Bague céramique
noir d'encre
Coll. & photo
© Julien Dorcel

Bague céramique
blanc neige
Coll. & photo
© Wang Zhou

Bague céramique
noir d'encre
Coll. & photo
© Guy Laroche

Bague céramique
imitation Lapis-Lazuli
Coll. & photo
© Bvlgari

Bague céramique
imitation Serpentine
Coll. & photo
© Bvlgari





Sédimentation :

Dans la nature, le processus de sédimentation implique des matières minérales et organiques qui ont cessé de se déplacer et qui s'accumulent en strates (en couches les unes sur les autres) au fil du temps jusqu'à former un amas compact épais et solidifié. Ce phénomène peut être reproduit de manière accélérée en laboratoire, par déposition verticale (VD) et par évaporation assistée (EAS), impliquant un compactage à l'aide ou non d'une presse.
A la fin des années 1960, le français Pierre Gilson, encore lui, s'est lancé juste après les australiens dans la fabrication de l'Opale précieuse dont les sphérules de silice de diamètre identique exhibent leur jeu de couleurs après organisation stable et compactage. L'absence d'eau et l'adjonction d'un liant ou du dioxyde de zirconium en font de belles imitations plutôt que des synthèses stricto sensu.
Aujourd'hui, les plus belles imitations de l'Opale précieuse sont fabriquées au Japon (dont Kyocera / Inamori), aux États-Unis (dont Chatham) et en Chine en volume important.

Références :  Nassau, 1980 ; Chiapinni et al., 2006

imitation opale fabrication australienne
imitation opale fabrication gilson
synthèse opale fabrication gilson
opale synthetique fabrication gilson
structure en colonnes opale synthetique

Opale de fabrication
australienne
Photo
© J.P. Gauthier

Opale noire de
fabrication Gilson
Photo
© J.P. Gauthier

Opale noire de
fabrication Gilson
Photo
© Geminterest.com

Opale noire de
fabrication Gilson
Photo
© J.P. Gauthier

Structure en colonnes
d'une Opale de
fabrication australienne
Photo
© J.P. Gauthier





Polymérisation :

Ce mot désigne une réaction chimique issue de l'assemblage de monomères entre eux par des liaisons covalentes jusqu'à former une longue chaîne de polymères. Cet ensemble de macromolécules combinées à d'autres éléments en faible proportion (accélérateurs, stabilisateurs, durcisseurs, catalyseurs, colorants...) donne soit un élastomère, plus connu sous le nom de caoutchouc, soit un plastomère désignant un thermoplastique comme le polyéthylène (PE), le polystyrène (PS), le polychlorure de vinyle (PVC), le polypropylène (PP) ou un thermodurcissable comme la résine époxy.
La forme finale est donnée à chaud, par injection sous pression, sinon à froid par usinage ou découpe et polissage.
Les types de matières plastiques rencontrés en gemmologie et en bijouterie sont le celluloïd (de moins en moins car très inflammable), la galalithe, la mélamine, la bakélite, le polystyrène, le plexiglass, l'acrylique, le PVC, etc. Ils cherchent à imiter les matières naturelles organiques comme l'ambre, l'écaille de tortue, le corail, l'os, la corne, l'ivoire, la perle et la nacre, ou les matières naturelles non organiques comme l'Opale, l'Agate, le Jade, l'Azurite, la Malachite, la Turquoise, la Chrysocolle et bien d'autres pierres ornementales.
Les principaux indices de reconnaissance sont, entre autres, une densité et une dureté plus faibles, une odeur caractéristique avec dégagement de fumée sous la pointe chauffante et d'éventuels tourbillons contrastés.

Références :  Nassau, 1980 ; Paprec.com ; Wikipédia

camée en plastique imitation agate
imitation plastique polystyrene opale précieuse
imitation plastique polystirene opale noble
imitation plastique acrylique de perles naturelles
imitation acrylique plastique ambre naturel avec insecte

Imitation en
plastique d'un
camée en Agate
Photo © Gemmo.eu

Imitation en
polystyrène d'une
Opale précieuse
Photo © Gemmo.eu

Imitation en
polystyrène d'une
Opale précieuse
Photo © J.P. Gauthier

Imitation en
acrylique de
perles blanches
Photo © Gemmo.eu

Imitation en
acrylique de
l'Ambre naturel
Photo © China





Sublimation :

Le procédé implique un transfert de vapeur sous haute température lors de la fabrication du carbure de silicium - SiC - dont la Moissanite synthétique fait partie. Pour cette dernière, l'une des méthodes de fabrication consiste à chauffer de la poudre de carbure de silicium sous vide d'air et sous gaz argon à 2300°C jusqu'à évaporation. La vapeur passe à travers un filtre de graphite et se redépose à 2200°C sur un germe cristallin en rotation jusqu'à former par accumulation un "bâton" ou une "boule" de qualité gemme.
Le carbure de silicium comprend plusieurs dizaines de polytypes. Celui le plus souvent rencontré est de symétrie hexagonale - 6H ou 4H - donc biréfringent, mais il existe aussi un polytype cubique 3C monoréfringent. Il possède de remarquables propriétés telles qu'une grande dureté comprise entre 8,5 et 9,5 sur l'échelle de Mohs, une haute résistance thermique, une forte ténacité et un indice de réfraction élevé d'où un bel éclat adamantin. Dans l'industrie, il est noir et opaque et il est utilisé, entre autres, dans des applications liées à la découpe, à l'usinage de précision et à l'abrasion. En gemmologie ou en bijouterie, il est transparent et dans sa version incolore ou presque, il est utilisé en imitation du Diamant depuis sa commercialisation par la société américaine Charles & Colvard en 1998.
Ses principaux indices de reconnaissance sont sa double réfraction avec une forte biréfringence comprise entre 0,030 et 0,045 (ou nulle si cubique) ainsi qu'une dispersion de 0,104 bien plus élevée que celle du diamant connue à 0,044.

Références :  Nassau, 1980 ; Davis et al., 1989 & 1995 ; Nassau et al., 1997

cristaux noirs opaques carbure de silicium
cristaux verts transparents carbure de silicium
moissanite de synthèse couleur saturée
moisanite de synthèse beige
moisanite synthetique imitation diamant

Petits cristaux de
carbure de silicium
noirs et opaques
Photo
© Aachen

Petits cristaux de
carbure de silicium
verts et transparents
Photo
© Jute Chiang

Moissanite
synthétique
4,88 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Moissanite
synthétique
2,30 carats
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu

Moissanite
synthétique
1,34 carat
Coll. Gems-Plus.com
Photo © Gemmo.eu


    Références & contributions
 

Auteur / éditeur :  Thierry Pradat / G-PLUS
Contribution :  la gemmologue Evelyne Kockler-Thomas est vivement remerciée pour toutes les illustrations de cette page
Références : 
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- Wyart J., Scavnicar S. (1957) Synthèse hydrothermale du béryl. Bulletin de la Société Française de Minéralogie et de Cristallographie, Vol. 80, pp. 395-396 (FR)
Sur le web : 
- La fabrication de synthèses sur Geminterest.com
- La recherche sur GemNantes.com
- Des exemples de cristaux synthétiques sur Institut de Chimie de la Matière Condensée de Bordeaux (ICMCB)
- Le portail du verre sur Verreonline.fr